Gourville au XVIe siècle

1492 : la fin du moyen-âge !

Bientôt la culture nouvelle importée par François 1er après  les guerres d’Italie  révolutionne, entre autres, l’architecture. Le château de Gourville se pare de décors dans le style Renaissance, à la manière de nombreux édifices civils ou religieux, qui se sont ainsi modernisés (notamment  avec l’agrandissement des ouvertures).

Ces travaux furent menés par François de Brilhac, abbé de St Père décédé en 1540.

Le château de Gorville en Beausse vu par Chastillon

Certains historiens datent la construction du château de Gourville en 1554, par François de Brilhac.  Cette datation nous parait erronée, car d’une part Fançois de Brilhac était mort et enterré à cette date, et d’autre part la construction est indiscutablement médiévale. Les constructions de la Renaissance sont plus élégantes et plus raffinées. La confusion peut provenir également de la gravure faite de ce Château à la fin du XVIe siècle, par Chastillon, cartographe du roi Henri IV. Les gravures de Chastillon  sont connues pour être exagérément flatteuses (donc peu conformes à la réalité), et imprégnées de la mode  architecturale de l’époque à laquelle il a vécu : la fin du XVIe siècle.

Revenons à François de Brilhac : il marqua de son « règne » l’abbaye de Saint Père car il en fut, semble-t-il, le dernier abbé « indépendant ». Les abbés étaient hiérarchiquement sous les ordres des évêques,  qui n’avait jamais, au fil des siècles, renoncé à s’approprier les biens matériels de l’abbaye.

Après sa mort, les évêques optèrent pour  le régime de la  commende :  un abbé commendataire est un ecclésiastique qui tient une abbaye « in commendam », c’est-à-dire qu’il en perçoit les revenus et peut aussi exercer une certaine juridiction sans toutefois exercer la moindre autorité sur la discipline intérieure des moines. les abbés furent  dès lors « commendataires ». Souvent d’ailleurs, à partir de cette époque,  l’abbé de Saint Père n’était autre que l’évêque de chartres lui-même. Inutile de préciser que le régime de la commende signifiait la fin de la spiritualité au détriment de  la valorisation des biens matériels. Finalement, les biens de l’abbaye de Saint Père furent rattachés à l’évêché de chartres en 1778, et le titre d’abbé  disparut à cette époque.

Henri IV

Le château de Gourville devait particulièrement intéresser les évêques de Chartres, puisqu’il devint leur  propriété dans la seconde moitié du siècle. Pour quelle raison ? L’histoire nous dit qu’un des évêques (qui était donc, comme nous l’avons vu, abbé commendataire de Saint Père) de Chartres avait une position particulièrement ambigüe (pour les catholiques) vis-à-vis de la Réforme et des protestants. Le château de Gourville, en raison de sa situation géographique, était intéressant pour permettre des mouvements discrets à des protestants pour entrer ou sortir du diocèse, voire à l’évêque de disparaitre discrètement en cas de grosses difficultés avec les ligueurs (catholiques).

Dans les archives, il est également fait mention du passage du  roi Henri IV à Gourville. Henri  de Navarre était roi de France depuis 1589 mais il n’avait jamais été sacré officiellement. Il aurait voulu, comme tous les rois, se faire couronner en la cathédrale de Reims. Mais voilà, en  cette fin 1593, la ville de Reims était tenue par les ligueurs. Le roi Henri  attendait que la situation s’améliore à Reims mais les Guise ne lâchaient pas la ville. Finalement, après plusieurs mois d’attente, (dont une partie au château de Gourville, plus discret que Chartres), le roi se fit couronner en la Cathédrale Notre Dame de Chartres le 27 février 1594. Il est mentionné dans les récits narratifs de la cérémonie que ce fut  l’abbaye de Saint Père qui fournit les reliques et accessoires nécessaires au couronnement.