Gourville au XIIIe siècle

Le four banal actuel, construit en l’an 2000 par Gérald Larose, spécialiste québecquois des fours, et accessoirement syndicaliste canadien de renom.

Un acte qui remonte « plus haut que la fin du XIIe siècle » atteste l’existence d’un moulin à vent sur le plateau de Gourville, vers Auneau, qui appartenait à l’abbaye de Saint-Père. Nous n’avons guère d’informations sur ce moulin, mais nous en avons davantage sur

Le four banal de Gourville. (à l’époque : bannal)

L’emplacement exact de ce four n’a pas (encore) été retrouvé. Peut-être près de l a Chapelle ou à l’endroit où se trouvaient au XIXe siècle des fours à chaux (à 500 m à l’ouest de la maison forte ?). Toujours est-il que ce four avait été «  construit à frais communs » entre les habitants et les moines. Les frais d’entretien étaient donc partagés et chaque fournée devait « rendre au four un pain, alternativement blanc ou bis ». Celui qui allait cuire son pain ailleurs devait, «  pour toute peine, payer double la taxe à laquelle il avait voulu se soustraire, moitié pro-solagio (à titre de dommages et intérêts), moitié pro furni refrigeratione (pour le refroidissement du four) ». Le fournier était élu par les habitants. »

 

 

Moulin à vent des temps modernes

La mairie de Gourville

Au XIIIe siècle, les documents de l’époque  nous informent également de l’existence d’un maire à Gourville. Les maires (majores) étaient à l’origine (sous Charlemagne) des officiers ruraux  conduisant les travaux que les serfs faisaient pour l’abbé ou les moines . Deux siècles plus tard, ils se sont souvent approprié des terres de leur office et ils ont eu avec l’abbé ou les moines des contestations fréquentes et violentes. De fait, ils sont en possession de plusieurs droits judiciaires, tels que ceux d’assigner et de contraindre en justice les hommes de leur mairie, de lever des amendes, de percevoir des taxes. Mais ils étaient soumis à l’abbaye pour pouvoir se marier, ils avaient interdiction de quitter les lieux, etc.  Les charges des maires étaient souvent héréditaires.

L’histoire ne nous dit pas quand Gourville  eut son premier maire, mais Les historiens relatent qu’ après la mort en septembre 1243 de Joscelin, maire de Gourville , l’abbé de Saint Père mit sous sa main la mairie de ce lieu, car Laurent, fils de Joscelin,  avait fait preuve d’injustices et de violences. Laurent reçut en fief de l’abbaye, moyennant une redevance annuelle de 50 livres tournois, les terres et bâtiments faisant partie de la mairie de Gourville . Quant aux autres droits, tels que la sergenterie, ils revinrent aux moines.…